lundi

La braise entre les dents


" Après tout peu importe
Où j'allume ma clope
Si ce n'est pas l'amour
Ce sont les alentours
"

_ c'est criminel de ne pas mordre une lèvre tendue, une lèvre tordue. Le baiser est partout, sous un pan de chemise, dans un recoin de foulard, il n'y a pas besoin de le chercher : il surgira, fait lui confiance. N'attends surtout pas le bon moment, n'attends surtout pas d'être prêt, d'avoir le temps, n'attends même pas d'avoir envie. Faut que ça te prenne comme un courant d'air. Surprends moi, pour une fois.

Moi ça fait trop longtemps que j'ai l'habitude, que je te devine à vingt mètres. Et que je fais des constellations de braises : cendres qui tombent sans faire exprès, bout de clope écrasée, j'ai trop usé du même cendrier. Je me retrouve à la porte, alors après tout peu importe où j'allume ma clope : si c'est pas au creux d'un amour, ce s'ra bien dans les alentours...

Ne prends pas les marchandes de braises pour des allumeuses : elles gonflent les joues, vides. Je te promets ta braise, faut juste attendre un peu. Peut-être parce qu'il y a le boulot. Peut-être parce qu'il y a quelqu'un d'autre. Peut-être parce que tu es la dernière de la file, et qu'une braise, ça prend du temps. Viens pas te plaindre si ça te troue un fringue. Après tout, peu importe où on allume nos clopes  : si c'est pas de l'amour, s'en sera un alentour.

Pose pas de questions et attends ton tour.

( L'amour c'est bien trop lent et trop fragile à allumer : qui a le temps pour ça? Autant s'offrir un détour. Dans un coin qui y ressemble, à s'y méprendre, mais dont on part plus vite, et avec moins de coups de soleil. Ou alors, tu payes l'essence, et la Biaffine. )

mardi

Comets and apples.

Les mecs, les comètes.

Y'a toujours un pépin d'homme, surtout quand ils sont mignons : pas encore bien mûrs, ou pourris jusqu'au trognon. Ne pensent qu'à leurs queues (fragiles), qu'à se fendre la poire, qu'à choisir les plus tartes à enfourner. Moi, j'ai beau savoir que leur jus est trop sucré, que leur chair est trop tendre, que ça gâte les dents et que ça fait engrosser, je les cueille. Les recueille à la tombée de l'arbre, pour effleurer les plus timides, croquer les plus sauvages. Et s'assoupir repue à l'ombre du feuillage.

mercredi

"Le mec de la tombe d'à côté" - Katarina Mazetti






Quand ma pote Nahil m'a vu avec ce bouquin dans les mains, elle s'est foutue de ma gueule. La couverture représente une jeune fille avec une robe, dont on ne voit pas le visage et qui tient dans sa main un gros coeur rouge en carton. "Eh mais ça a l'air trop merdique quoi". Peut-être parce que ça a l'air d'une histoire d'amour, et bonne pioche, c'est une histoire d'amour, les amis !

Une histoire vachement bien.



Alors, le titre original c'est Grabben i graven bredvid. Eh oui, c'est suédois, les amis ! Publié en 1999, mais arrivé en France en 2006 seulement, et grâce à un de mes meilleurs amis (j'ai nommé : Wikipédia) je viens d'apprendre qu'il y a une suite, Le Caveau de famille. Je viens aussi d'apprendre qu'il y a eu une interprétation au cinéma et une pièce de théâtre. Je suis donc sur le cul, les amis ! Je vais m'empresser d'assister à tout cela.


Katarina Mazetti
Mais d'abord, je vous parle du bouquin. 

Le mec de la tombe d'à coté, ça parle d'une nana qui a un prénom bien pourrie : Désirée. Elle est bibliothécaire elle a 35 ans, elle lit Lacan et aime l'opéra. Une bonne petite nénette assez sage. Son mari est mort, alors elle lui rend visite au cimetière de temps à autre, et à côté, y'a une tombe trop laide. Avec de gros angelots ridicules, des lettres d'or grotesques... Et un type, tout aussi ridicule et grotesque, qui vient arroser les bégonias. Lui, c'est Benny, agriculteur. Lui, il aime ses vaches, et cherche une gentille femme qui sait faire les boulettes de viandes et qui peut lui donner un coup de main pour gérer sa ferme.


Autant dire qu'ils n'ont rien à foutre ensemble.
Et pourtant, y'a comme un coup de foudre, et ils s'entichent l'un de l'autre.

La pièce de théâtre,
ça donne un peu le ton
simple et poétique du roman
Alors, c'est très drôle, les amis. C'est fait avec beaucoup, beaucoup de légèreté et de poésie, à petits pas, sans grosses ficelles même si on a l'impression qu'on devine à l'avance ce qui va se passer. On est surpris sans arrêt. Par lui, par elle, et ce qui fait le charme, c'est les deux voix alternées : mésinterprétations, incompréhensions, on prend conscience de ce que "la difficulté d'entretenir une relation" veut dire. Déjà, parce qu'ils viennent de deux mondes différents (le paysan et la bo-bo), ensuite parce qu'ils ont des caractères bien trempés.



Parce que bon,
l'amour, c'est bien
Un vrai style, aussi, qui rappelle un peu Foenkinos pour ceux qui connaissent. C'est frais, c'est doux, c'est... je sais pas trop comment vous dire ça, c'est un peu une salade de concombre en sauce poivrée, c'est croquant, piquant et rafraîchissant. Et surtout, réaliste : les vraies difficultés d'une histoire d'amour. On oublie, les tirades enflammées, les grandes déclarations. On touche au concret : tu quitte ton loft pour venir à la ferme, ou pas? Tu vends ta ferme pour habiter en ville, ou pas? On fait quoi, on fait un gosse, ou pas? On pense concret : quel budget, quelles vacances, quel style de vie à deux.


Et du coup, on va droit au clash. 

Deux adultes, avec leur rythme de vie et leurs attentes, qui se confrontent et agissent comme des gosses, parfois. Souvent. Finissent par battre de l'aile mollement, jusqu'à la décision finale : ça marche, ou pas? Ceux qui auront connus une histoire longue, ou en tout cas, une histoire sérieuse, pourront reconnaître les moments décisifs, qui reposent pourtant sur de petits détails insignifiants. La limite à la vraisemblance : la poésie de Mazetti, comme un réflexe, qui nous pond de petites merveilles imprononçables à l'oral, mais qui fondent dans la pupille.



Anouck est émue.
Est-ce qu'il faut parler d'une esthétique suédoise? S'il y a des connaisseurs, j'attends vos avis : moi je ne sais pas encore.

Un vrai coup de coeur pour moi, à lire absolument, pour partir en voyage pas trop loin de chez soi. Pour vivre, ou pour revivre, les petites amertumes et les brefs émerveillements du quotidien. Pour vivre ou pour revivre l'amour, aussi, sous toutes ses formes.





On parle des geeks sur "Genre !" et c'est bien.



Sexisme chez les geeks :
pourquoi notre communauté et malade, et comment y remédier



Un excellent article du blog Genre ! 
Sachez que j'adore les geeks. Beaucoup de mes amis sont des gamers, de plus ou moins haut niveau, et même si parfois ils me saoulent (je ne comprends pas le tiers des mots qu'ils emploient, et parfois, même, ils oublient que j'existe). Alors j'essaye de m'intéresser un peu à leur univers (maintenant je sais dire pnwed et AFKbio). Mais comme j'adore aussi les questions de genre, je suis branchée H-24 sur le blog Genre ! qui interroge, qui questionne, qui te retourne aimablement le cerveau. 
Et donc, je suis tombé sur ce très récent et très bon article, qui mêle les deux univers.

Je pense que mes potes geeks apprécieront ! Ou n'apprécieront pas d'être associés à une masse d'ignorants et de vulgaires porcs. Enfin, les potines et les poteaux, je ne vous mets pas du tout là-dedans, car je vous aime d'amour. Et je connais mal les jeux, alors peut-être que ma naïveté m'a fait aimer l'article. Mais je le trouve très bon, très vrai, alors lisez-le, et dîtes-moi votre point de vue !

J'aimerais bien qu'on puisse échanger un peu sur ce blog, alors AMIS GAMERS, dîtes moi un peu votre retour ! L'article vous plait? Vous énerve? Vous intrigue? 


Pendant ce temps là, je retourne sur ma petite Game Boy Advance SP et SuperMario World 2.




TRADUCTION DE LA BD : 
« Franchement – si seulement je pouvais trouver une nana aussi geek que moi. » « Ouais, trop dommage que les filles ne sont jamais aussi geek que les mecs. » « Hé Doug, tu veux venir chez moi et jouer à Final Fantasy III ? » « Oh…Mon…Dieu… » « Regarde moi cette Fille Faussement Gameuse, mon pote ! Hé, fille faussement gameuse – Final Fantasy III est en fait Final Fantasy VI, mais comme Final Fantasy II, III et V ne sont jamais sortis en Amérique, il a été renommé III pour ne pas embrouiller les américains incultes comme toi. Pourquoi tu ne vas jouer aux « Zeldas » et me raconte à quel point ta famille dans Sims 3 est épique ? » « Retourne dans la cuisine ! » 
[Dans la main, elle tient le VRAI Final Fantasy III - en version japonaise importée]








« Cool, ton T-Shirt Green Lantern, mon pote ! »
« Merci, mec »
« Est-ce que t’es au moins capable de nommer des Green Lanterns ? » « Euh…Bien sûr. Guy Gardner, Hal Jordan, John Stew… » « Tu  viens de regarder sur Wikipédia ?? » « Euh, non…Je lis… » « Je parie que tu ne lis même pas les comics récite le serment des Green Lantern puis nomme tous les groupes de Lanterns puis… »