samedi

Calme toi, putain




Qu'est-ce que ça m'insupporte, ces gens qui sont pas en colère. Comment on peut ne pas être en colère? Comment tu peux dire - devant moi, devant moi - que tu pardonnes et que t'excuses, comment tu peux - devant moi, putain ! Qu'il faut se calmer, qu'il faut encore un peu de patience, que la vengeance ça mène nulle part.

J'voulais pas crier, pardon, j'voulais pas crier. Reste encore un peu, ça faisait longtemps que j'étais pas aussi moins pire.

Mais ouais, je râle, et alors ? Tu râles pas, toi, peut-être? Comment tu fais pour pas être en colère, pour dire que tu détestes personne, ou en tout cas pas assez pour cogner dessus? Je supporte pas ça, moi, les gens qui sont calme. Si t'es calme c'est que t'as pas mal, si t'as pas mal alors me parle pas. Sérieux, faudrait quoi encore, faudrait s'allonger devant eux? Tu peux pas détester personne, y'a tellement de connards, y'a tellement de dangers dehors, me dis pas que t'as jamais eu envie de donner une beigne. Y'a tellement de trucs pas justes, de trucs affreux.

J'voulais pas crier, pardon, j'voulais pas crier. Reste encore un peu, ça fait longtemps que je m'étais pas sentie aussi moins mal.

Devant moi, devant moi, tu vas pas me dire que tu laisserais passer? Que t'hocherais la tête, non mais y'en a marre de ces bons sentiments, moi aussi j'suis allé au cathé. Moi aussi j'ai lu la Bible, connard, c'est pas pour ça que je suis calme et que j'arrive à avaler ça. Si pour toi tout s'oublie et tout se pardonne, si ça glisse sur toi c'est que t'as pas mal, que t'as jamais eu mal. Y'a aucune putain d'écharde qui dépasse de toi, t'as la peau lisse, t'es juste un gosse. Tu les sens pas, les vibrations, quand t'es plein de pieux et que tu te cognes aux murs. Tu sens rien, t'es rien du tout.

J'voulais pas crier, pardon, en fait j'voulais pas crier sur toi. Tu m'as rien fais. T'essaye juste de te faire croire que t'es un type bien, après tout, c'est louable, au moins t'essaye, mais je peux vraiment pas. Quand je les vois - y'en a encore même à nos âges - qui prennent l'air étonné et qui disent non, vraiment, j'ai jamais haï, j'ai jamais cogné, j'ai toujours fais un effort... Ils doivent se dire des trucs du style "allez, passe à autre chose". Ils te prennent pour un fou. Tu te sens pas devenir fou, toi?




jeudi

MAKE . GOOD . ART .



"   When things get tough, this is what you should do: Make good art. I’m serious. Husband runs off with a politician — make good art. Leg crushed and then eaten by a mutated boa constrictor — make good art. IRS on your trail — make good art. Cat exploded — make good art. Someone on the Internet thinks what you’re doing is stupid or evil or it’s all been done before — make good art. Probably things will work out somehow, eventually time will take the sting away, and that doesn’t even matter. Do what only you can do best: Make good art. Make it on the bad days, make it on the good days, too.  "

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"  I hope that in this year to come, you make mistakes.

Because if you are making mistakes, then you are making new things, trying new things, learning, living, pushing yourself, changing yourself, changing your world. You’re doing things you’ve never done before, and more importantly, you’re Doing Something.

So that’s my wish for you, and all of us, and my wish for myself. Make New Mistakes. Make glorious, amazing mistakes. Make mistakes nobody’s ever made before. Don’t freeze, don’t stop, don’t worry that it isn’t good enough, or it isn’t perfect, whatever it is: art, or love, or work or family or life.  "



"  Whatever it is you’re scared of doing, Do it.

Make your mistakes, next year and forever.  "





mercredi

Pourquoi The Hardliners vaut le détour



Salut les p'tits loups !
Dans mes promesses récentes, je devais vous parler de théâtre, mais aussi de littérature en tout genre. Alors on va pas s'attaquer au gros morceau tout de suite, hein, je sais pas quelle heure vous avez mais moi j'ai sommeil.

Aujourd'hui, je vous parle juste de The Hardliners.
"Juste", c'est quand même pas très sympa, mais vous avez compris l'idée. The Hardliners, c'est un web roman sur internet, et si t'es pas totalement con, je n'ai pas à t'expliquer le concept du web roman : dans celui-ci, on suit le brave ... enfin, le sympathique ... ok, on suit un mec absolument imbuvable à l'existence vaine qui s'appelle Harry et qui écrit un bouquin. Une maison d'édition finit par reconnaître son (talent?) acharnement, et à partir du moment où il va être publié, la vie vacille. En fait, elle vacillait déjà un peu avant, la vie : des études ennuyeuses, une famille bancale, des vagins aléatoires...

Bref, The Hardliners, c'est le quotidien d'un paumé sur son chemin au milieu des faux jetons, des hypocrites et des ignorants, le parcours d'un type pas fameux mais pas mauvais non plus.


I - Alors, pourquoi je n'aime pas The Hardliners.

Je n'aime pas Harry, j'ai envie de lui mettre des claques, tellement c'est une caricature de lui-même : phrases interminables et alambiquées, périphrases, métaphores lourdes et obscures, quoi qu'il ait envie de nous dire il le dit mal. Parler bien n'est pas parler clair, et parfois, je comprends rien à ce qu'il jacte. Tu es comme moi, t'as déjà assez de charabia théorique en cours, t'as pas en plus envie que ton divertissement quotidien soit aussi lisible qu'une notice Ikea traduite par Jung. Je n'aime pas Max, le meilleur pote d'Harry, parce que Max n'existe pas, et que je n'aime pas les fantoches. Je n'aime pas Sarah, qui est une lubie pornographique ridicule, je ne déteste rien de plus que des personnages qui sonnent creux tant ils ne sont inspirés de personne. On a souvent la sensation que l'Hardliner a envie de nous dire un truc, quelque chose de profond et de vrai, un truc fort, caustique, il prend son élan pour mettre une claque à nos idées reçues : une fois sur deux c'est une réussite. Les autres fois, trop de mots, pas les bons, et nous on scroll down. L'intention anti-consensuelle et provocatrice est louable, mais à trop grossir le trait, l'Hardliner crée l'effet inverse.


II - Maintenant, pourquoi j'aime The Hardliners. 

J'aime Harry. Et oui, ce miracle est possible ! Vous avez déjà du rencontrer ce genre d'homme. Vous arrivez dans leur vie à un moment bizarre, un moment charnière où ils sont enfermés dans des considérations sombres, mélodramatiques et très égocentrées : ils vous voient à peine. Vous n'êtes qu'une distraction, et vous contribuez à leurs théories cheloues sur la vie, les femmes, le sexe. Votre sexe, généralement, vu que c'est là qu'ils font le plus de dégâts avant d'aller jouer plus loin. Et si vous êtes un peu intelligentes, vous les détestez ces mecs-là. Pourtant, vous restez. 

On est toutes bien conne. Harry, il est attachant malgré sa dégaine d'enfant gâté suffisant, malgré son égo à tiroirs et sa perversion vomitive. C'est juste un gamin qui grandit pas beaucoup, ou plutôt qui croit grandir en se prenant de petites baffes gentilles : on a un peu envie qu'il crève, et un peu envie qu'il nous embrasse. Drôle de fascination ! Et cette fascination, elle vient du style de l'Hardliner. Alors autant j'ai craché sur les périphrases, autant j'ai pu baillé et lever des sourcils dans tous les sens, autant les 3/4 du style sont impeccables. 

Du bref, de l'efficace, du mordant. Déjà, c'est drôle, je vais pas vous mentir, moi je me fends la poire. Ensuite, c'est pertinent, précis, ça va au coeur des choses, et c'est l'instant linguistique que vous attendiez tous : "hardliner" ça veut dire "jusqu'au-boutiste". Pour l'instant y'a que 5 épisodes, je sais pas encore bien dans quel bout il nous emmène, mais y'a quelques moments mythiques et des tournures magiques à ne pas rater. C'est ça qui fait qu'on ralentit le scroll down, et qu'on reste. Comme avec ces même mecs chelous. Attachement / détachement, si vous êtes sociologue vous savez de quoi je parle.


III - Pour finir, pourquoi The Hardliners vaut le détour.

Le fait que j'aime n'est pas un critère. The Hardliners vaut le détour parce que l'angle est original et presque authentique : le monde de l'écrit vu par un étudiant qui a tout pour réussir et autant pour se faire haïr. Même si la personnalité du personnage de Harry manque un peu de réalisme, c'est une lucarne tantôt acerbe et tantôt poétique sur des choses qui nous intéressent tous, à savoir la création, le succès, le sexe, la peur. L'hypersexualisation du récit peut vous piquer les yeux, et parfois elle est inutile, mais la plupart du temps elle donne du cachet à l'histoire, et nous donne un aperçu d'un rythme de vie qu'on a connu, qu'on a abandonné, ou dont on a rêvé.


Si vous ne l'avez pas encore détesté, alors rendez-vous sur The Hardliners.
Ici le premier chapitre pour vous mettre en bouche



mardi

Miasmes estudiantins


Un nouvel escadron d'emmerdes pour Anouck Champignon et sa bande. En fait, y'a pas vraiment de bande, c'est juste moi, toute seule.

L'idée, c'est que le disque dur de mon Emile (comprendre mon Asus violet) est MORT, avec à l'intérieur, toute ma vie. Allez, j'exagère : les deux derniers mois de vie non copiés sur Scott (comprendre mon disque dur externe). En deux mois, il s'était passé plein de trucs, notamment de nouvelles inspirations, des photos, des vidéos... mais surtout, mon MÉMOIRE DE FIN D’ANNÉE.

Alors c'est dans ces moments là qu'on a un joli clip-show avec une musique péchu où l'héroïne remonte ses guêtres et tape comme une folle sur son clavier pour ré-écrire son mémoire, sauver son année, sauver le pays et conquérir les coeurs de dizaines de petites gouinettes à peine mures.

Sauf qu'on est pas dans un Pixar, et que moi, j'ai beau me dire que j'ai 10 JOURS MAX pour rendre ce foutu mémoire, ça veut pas démarrer. L'instinct de survie ne fait clairement pas son boulot. Je reste bloquée comme une teubé, ça vient toujours pas, je dois souffrir de constipation sociologique chronique.

En attendant, quoi de pire. La chasse d'eau ne fonctionne plus, ce qui nous fait rester au niveau de vanne anale : j'enchaîne les visites d'appart sans trouver mon bonheur. Ah oui, parce que tu ne le sais pas, mais je déménage. Branle bas le combat, et j'attire ton attention sur cette expression formidable du "branle-bas". Après tout, je ne suis pas bien grande. Bref !

Sinon, pendant que je serre les fesses, je pianote sur une ancienne bécane, Aleister : sa batterie tombée en rade en septembre m'avait forcé à raquer 300 balles pour acheter le brave Emile, et Ali avait fini au placard. Il retrouve ici sa gloire passée, même s'il ne fonctionne que sur secteur, au moins, il s'allume et marche. Enfin, plus ou moins. Demain, Emile sera confié aux mains expertes des techniciens de la Fnac, qui repêcheront les documents nécessaires, et s'il ne peut être sauver, alors il faudra accueillir une nouvelle machine... Encore un bibelot cassé à mon palmarès de désastres technologiques. J'envisage d'ouvrir un cimetière personnalisé. 

Assez-t-il tout étant, j'ai toujours un job d'animatrice au Centre Social des Minguettes. Si vous connaissez Lyon alors vous connaissez les Minguettes, et si vous connaissez les Minguettes alors vous savez en quoi consiste mon travail... Je plaisante. C'était de très mauvais goût, j'adore mon taff, sauf que pour parfaire cette journée de merde, j'ai eu 2 fausses crises de larmes, 4 accusations de flatulences, 8 dégradations de matériel et surtout, une échappée par la fenêtre. Oui, oui, par la fenêtre. Alors là, j'ai un peu craqué. Mais c'est toujours mieux que la semaine dernière, ou j'ai eu droit à "c'est quoi un pédophile" et une bonne douzaine de "salope" à sanctionner.

Du coup, un mémoire à rendre dans 10 jours, des mômes surexcités, un soleil qui pointe vite fait le bout du téton, le Festoch d'Animation qui approche ... Oui, si tu connais Annecy, la ville d'où je viens, tu sais qu'il y a un super Festival, et que c'est même le seul truc qu'on fait bien. Pourquoi je te racontes ça, sérieux?

Pour te résumer, comme d'habitude, c'est la course : j'ai une audition dans un mois pour entrer dans une école de théâtre qui me plaît beaucoup, mais beaucoup. Tu le sais, entrer dans quelque chose qui te plaît beaucoup, c'est pas toujours évident, encore moins évident que de faire des vannes aussi lourdes. En plus, ça va te paraître bizarre, mais j'ai écris un scénario. Genre, pour un court-métrage, et si j'arrive à faire tous les trucs importants (comme ECRIRE UN MÉMOIRE EN DIX JOURS) alors je pourrais le réaliser. Ou plutôt le faire réaliser. Tu m'as bien regardée? Tu crois que je sais tenir une caméra?

En fait, oui, je sais. Mais je me fais pas trop confiance.

Voilà, plein de projets et surtout plein d'emmerdes, plein de belles choses aussi, mais c'est vraiment pas le moment. Et puis ça vous regarde pas, surtout. Les bons trucs c'est surtout un boulot pour l'été, la web série qui avance, des gens passionnés et pas cons du tout qui changent le paysage, la fin de l'année, des films épiques et des impros géniales.

Bientôt, je vous parle du théâtre, parce que ça commence à bouillir sévère.
Bientôt, je vous parle du théâtre, et je vous reparle d'amour, aussi.


[ Sérieux, tu crois qu'avec tout ça j'ai le temps de baiser, moi? 
Je parle d'amour théorique, ducon. 
L'espoir en l'homme, la poésie, tout ça ... 
Laisse tomber ]


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La vidéo que je partage, là, juste en dessous, c'est mon coloc. Enfin, mon futur coloc, avec un peu moi aussi, et avec un gars chelou qui est fan de Batman. Et tout ça, bah c'est nous. Non, attends, il y a un but à cette vidéo, c'est pas parce que tu piges pas tout de suite qu'il faut pas essayer. Vas-y, essaye.

GIRLS JUST WANNA HAVE FUN - COVER
[ réalisé  par Romain Benkandil , avec Nicolalalère et Anouck Champignon ]

Et là, c'est juste moi et le futur coloc en question, Nicolalalère. Maintenant qu'on a trouvé le fan de Batman, on va pouvoir avoir une meilleure qualité vidéo / son (le cover de Girls just wanna have fun en est témoin).

MA MERE N'EST PAS UNE CASSEROLE DE PATES
[ montage by Anouck Champignon ]

Donc tu fais un effort, tu regardes.